La perte de désir : ce que votre corps essaie de vous dire
- 17 mai
- 8 min de lecture

Vous l'avez d'abord remarqué comme une absence. Plus de cette petite étincelle au creux de la journée, plus cette envie spontanée le soir, plus rien — ou presque. Vous avez d'abord pensé que c'était la fatigue, puis le travail, puis cette période un peu compliquée. Et puis les semaines ont passé, les mois aussi, et la question est devenue plus inquiète : qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
Vous n'êtes pas seul·e à vous la poser. L'enquête Contexte des sexualités en France publiée par l'Inserm en novembre 2024, menée auprès de plus de 31 000 personnes de 15 à 89 ans, a confirmé une tendance qui ne cesse de s'accentuer : la fréquence des rapports sexuels a baissé de plus de 25 % en trente ans, particulièrement chez les actifs entre 30 et 50 ans. Une étude de l'INED publiée en 2021 a, de son côté, montré qu'une femme sur trois déclarait une baisse nette de désir liée à l'épuisement et au surmenage. Derrière les chiffres, il y a presque toujours la même fatigue silencieuse — et le même sentiment d'incompréhension.
Au Cabinet Solar, Isabelle Emeury accompagne au Bouscat des femmes, des hommes, des couples qui traversent cette période où le corps semble avoir mis le désir de côté. Bonne nouvelle, et c'est important de la poser tout de suite : le désir ne disparaît jamais vraiment. Il se met à l'abri. Et comprendre pourquoi est déjà le premier pas pour le retrouver.
Le désir n'est pas une fonction, c'est une énergie
Première chose à entendre : le désir sexuel n'est pas une fonction isolée du corps, comme la digestion ou le sommeil. C'est ce que les sexologues et les cliniciens appellent l'énergie vitale — la même qui vous donne envie de voir vos amis, de cuisiner un bon plat, de rire d'une bêtise, de créer quelque chose, de vous projeter dans demain. Le désir sexuel n'est qu'une expression, parmi d'autres, de cette énergie globale.
Cela change tout. Parce que cela veut dire que quand le désir baisse, il n'y a presque jamais de problème spécifiquement sexuel. Il y a un problème d'énergie disponible. Et quand cette énergie est mobilisée jour après jour pour gérer le travail, les enfants, la charge mentale, les factures, les conflits non dits, la peur du lendemain — elle finit par ne plus en avoir pour le reste. Le désir est presque toujours la première chose que le corps coupe quand il est en surcharge. Pas par défaillance : par intelligence.
C'est exactement le profil que la sexologue Marie-Hélène Colson décrit comme « le motif le plus fréquent de consultation » : des personnes actives entre 30 et 45 ans, qui courent toute la journée, et qui ne comprennent pas d'où vient leur manque de goût pour les relations sexuelles. La plupart ne font pas le lien entre leur rythme de vie et leur libido en berne. Ce lien, pourtant, est presque mécanique.
Le burn-out sexuel : quand le surmenage parle à travers le corps
Les cliniciens parlent aujourd'hui de plus en plus d'un phénomène qui n'avait pas de nom il y a quinze ans : le burn-out sexuel. Il ne s'agit pas d'une absence définitive de désir, ni d'une perte d'amour ou d'attirance. C'est un effondrement temporaire, provoqué par un stress prolongé et un excès de sollicitations. Le corps, à force d'être mobilisé sur d'autres fronts, finit par fermer celui-là.
Le mécanisme physiologique est désormais bien documenté. Sous stress chronique, l'organisme produit du cortisol en continu, ce qui inhibe les hormones du désir (testostérone notamment, chez les hommes comme chez les femmes) et maintient le système nerveux autonome dans son mode « combat-fuite ». Or le désir, lui, n'émerge que dans le mode opposé — celui de la sécurité, du relâchement, du repos parasympathique. Dans un corps en alerte permanente, le désir ne peut tout simplement pas trouver l'espace pour exister. Ce n'est pas un problème de libido. C'est un problème de sécurité intérieure.
Et cette dimension touche aujourd'hui particulièrement les profils les plus exposés : cadres en tension, mères de jeunes enfants, professions à forte responsabilité, personnes en transition de vie ou en charge mentale chronique. Beaucoup d'entre elles, en consultation, expriment exactement la même chose : « Je sais que je devrais avoir envie, mais c'est comme si une porte s'était fermée quelque part en moi. » C'est précisément ainsi que le corps formule l'épuisement quand les mots conscients ne suffisent plus.
Quand un trauma ancien continue de parler
Il y a une autre raison, plus discrète, à laquelle on pense rarement quand on cherche pourquoi le désir a disparu : un événement passé, parfois très ancien, parfois oublié, parfois jamais nommé comme un trauma. Une relation difficile, un geste subi, une humiliation, une atteinte à la confiance. Une période d'adolescence compliquée. Un accouchement vécu comme une violence. Une rupture qui a brisé quelque chose. Une remarque blessante sur le corps qui s'est fixée.
Le corps, lui, n'oublie pas. Et il peut, des années plus tard, refuser de s'ouvrir au plaisir parce qu'il a appris quelque part, à un moment, que s'ouvrir, c'est dangereux. Cette mémoire-là n'est pas consciente, ne se raisonne pas, ne se soigne pas par la volonté. Elle est inscrite dans le système nerveux.
C'est précisément là que la thérapie EMDR apporte un recours puissant. Les travaux de référence du professeur Cyril Tarquinio, publiés chez Dunod et reconnus par la communauté scientifique internationale, ont montré que l'EMDR peut désamorcer l'empreinte émotionnelle des événements à l'origine de blocages sexuels — y compris pour des traumas qui ne sont pas perçus comme « graves » par la personne elle-même. Une vingtaine d'études contrôlées randomisées valident l'efficacité de l'EMDR sur l'état de stress post-traumatique, et les protocoles dédiés aux difficultés sexuelles d'origine psycho-émotionnelle s'appuient sur ces mêmes mécanismes. L'approche n'efface pas le souvenir : elle lui retire sa charge. Et le corps, libéré, peut à nouveau accueillir le plaisir sans crainte.
Ce qui est important de comprendre, c'est que vous n'avez pas besoin d'avoir vécu un événement « grave » pour que cela ait laissé une trace. Le système nerveux ne classe pas les événements selon leur gravité objective : il les classe selon l'intensité émotionnelle qu'ils ont produite à l'instant T, et selon votre âge et vos ressources à ce moment-là. Une humiliation à 14 ans peut peser plus lourd, vingt ans plus tard, qu'un événement objectivement plus grave vécu à l'âge adulte avec plus de ressources pour l'intégrer.
Les croyances silencieuses qui ferment la porte
À côté du surmenage et du trauma, il existe une troisième cause, plus subtile : les croyances limitantes sur la sexualité, sur soi, sur le corps. Ces phrases qu'on n'a jamais formulées tout haut mais qui tournent en arrière-plan, et qui sabotent le désir avant même qu'il ait pu émerger.
Quelques exemples parmi les plus fréquents en consultation : « Je ne suis plus désirable depuis que mon corps a changé. » « À mon âge, c'est normal que cela diminue. » « Mon partenaire n'a pas vraiment envie de moi. » « Le sexe, ce n'est plus pour moi. » « Si je me laisse aller, je vais perdre le contrôle. » « Mon corps me trahit. » Ces croyances opèrent en silence — et leur effet sur le désir est dévastateur, parce qu'elles construisent un climat intérieur dans lequel l'envie n'a aucune chance de s'inviter.
L'hypnose thérapeutique — et plus précisément l'hypnose ericksonienne pratiquée par Isabelle au Cabinet Solar — est un outil particulièrement adapté pour aller chercher ces croyances là où elles se logent : dans l'inconscient. L'état d'hypnose permet d'accéder aux mécanismes émotionnels et symboliques qui résistent au raisonnement conscient, et de les modifier en douceur. La peur, qui est l'émotion antagoniste de l'excitation, peut être mise à distance ; la confiance dans le corps peut être réinstallée ; les associations négatives liées à l'intimité peuvent être déconstruites. Beaucoup de personnes accompagnées en hypnose au Cabinet Solar parlent d'un « déverrouillage » difficile à expliquer rationnellement, mais profondément ressenti dans le corps.
La sophrologie : réhabiter son corps avant de pouvoir le désirer
Il y a un dernier élément, fondamental, qui se joue presque toujours derrière une perte de désir : la perte du lien à son propre corps. Quand on vit dans la tête, dans les listes mentales, dans les écrans, dans la projection permanente vers la prochaine tâche — on finit par ne plus vraiment habiter son corps. Or on ne peut pas désirer depuis un corps qu'on n'habite plus.
C'est tout le travail de la sophrologie. Loin d'être une simple méthode de relaxation, la sophrologie caycédienne pratiquée au Cabinet Solar est un véritable apprentissage de la présence à soi. Par la respiration, par la conscience corporelle, par des visualisations douces, elle réinstalle un dialogue avec le corps qui s'était coupé. On réapprend à sentir ses appuis, sa peau, sa respiration basse, son bassin. On retrouve une sensorialité qu'on avait sans s'en rendre compte mise sous silence.
Cette reconnexion au corps a un effet souvent spectaculaire sur le désir, parce qu'elle agit sur la racine du problème : on ne désire pas avec son cerveau, on désire avec son corps. Et un corps qu'on habite à nouveau redevient un corps capable de ressentir, donc d'avoir envie, donc de s'ouvrir. Pour les couples, cette reconnexion peut être travaillée à deux — la sophrologie en couple permet de recréer un espace de présence partagée, hors des tensions du quotidien, qui rouvre souvent ce qui s'était fermé.
Les trois voies du Cabinet Solar : un cheminement personnalisé
Au Cabinet Solar, Isabelle Emeury construit un accompagnement sur mesure en mobilisant ces trois approches selon ce qui parle à votre histoire. L'EMDR intervient quand un événement ou une période passée pèse encore sur le présent et bloque l'accès à l'intimité. L'hypnose thérapeutique travaille les croyances limitantes et les associations inconscientes qui sabotent le désir avant qu'il ait pu émerger. La sophrologie vient réinstaller une relation apaisée et habitée au corps, base sans laquelle aucun désir durable ne peut revenir.
Très souvent, les trois s'articulent au cours d'un accompagnement. On commence par poser les choses, par comprendre ce qui s'est joué et ce qui se joue encore. Puis on travaille là où c'est le plus pressant : parfois sur un trauma identifié, parfois sur une croyance qui sature, parfois sur la simple capacité à respirer profondément à nouveau. Les séances s'adaptent au rythme de chacun — pas de protocole rigide, pas de promesse miraculeuse, juste un cheminement attentif.
Le désir revient comme il est parti : doucement, par paliers, à travers de petits moments retrouvés. Une envie qui surgit sans prévenir un mardi matin. Une caresse qui réveille quelque chose qu'on n'avait plus senti depuis longtemps. Un soir où l'on n'a plus besoin de se forcer. Et au-delà même de la sexualité, beaucoup de personnes accompagnées au Cabinet Solar disent retrouver une vivacité globale qu'elles n'avaient plus depuis des années — une envie de vie qui s'était éteinte sans qu'elles s'en rendent compte.
Et pour les couples ?
La perte de désir, lorsqu'elle s'installe dans un couple, devient rapidement un sujet douloureux qui dépasse la seule sexualité. Elle touche à l'estime, à la communication, à la confiance, parfois à la peur d'être quitté ou de blesser. C'est précisément pour cela qu'il est important de ne pas la laisser s'installer dans le silence. Plus elle s'installe, plus elle se charge, et plus elle devient difficile à aborder à deux.
Au Cabinet Solar, Isabelle reçoit aussi les couples — parfois ensemble, parfois en alternance individuelle et conjointe. L'enjeu n'est jamais de désigner un coupable ni de remettre la « performance » au centre. C'est de rouvrir un espace de parole et de présence qui s'était refermé, et de redonner à chacun la possibilité de se sentir, et de sentir l'autre, sans pression.
Prendre rendez-vous au Cabinet Solar
Si vous reconnaissez dans ces lignes quelque chose qui vous parle, sachez que la perte de désir n'est ni une fatalité, ni un défaut, ni un signe que quelque chose serait définitivement « cassé ». C'est un signal — un message du corps qui demande à être entendu plutôt qu'ignoré ou forcé. Et les signaux peuvent être entendus, déchiffrés, accompagnés.
— CABINET SOLAR — Prendre rendez-vous Isabelle Emeury · EMDR · Hypnose · Sophrologie · Le Bouscat Isabelle Emeury vous accueille au Cabinet Solar, au Bouscat, pour un premier rendez-vous où l'on prend le temps de poser les choses, sans jugement et sans pression. Hommes, femmes, en couple ou seul·e : la démarche est la même, et chaque chemin est unique. Prise de rendez-vous · en ligne via Resalib · par téléphone au 06 08 48 25 05 Tarifs · séance individuelle 70 € · séance couple 90 € |



Commentaires